BSI infirmier libéral : comment bien rédiger et renouveler son bilan de soins infirmiers ?

Le Bilan de Soins Infirmiers est l’un des actes les plus importants dans la prise en charge des patients dépendants à domicile. Bien rédigé, il permet de coter correctement les forfaits de dépendance (BSA, BSB, BSC), d’assurer une continuité de soins optimale et d’éviter les rejets CPAM liés à une évaluation incomplète ou mal transmise. Mal maîtrisé, il représente une source d’erreurs de facturation parmi les plus coûteuses pour un IDEL.

Ce guide détaille la définition du BSI, ses étapes de rédaction, les règles de cotation, les conditions de renouvellement et les erreurs les plus fréquentes à éviter. Pour retrouver les tarifs exacts des forfaits BSA, BSB et BSC applicables en 2026, consultez notre guide complet sur la cotation NGAP infirmier libéral 2026.

BSI infirmier libéral

Qu’est-ce que le BSI ?

Le Bilan de Soins Infirmiers est un outil d’évaluation qui permet à l’infirmier libéral d’estimer le degré de dépendance d’un patient dans les activités de la vie quotidienne, afin d’établir un plan de soins personnalisé et de facturer les forfaits journaliers correspondants. Il a été mis en place pour remplacer progressivement la Démarche de Soins Infirmiers (DSI), généralisé avec l’avenant 9 à la convention nationale infirmiers.

Le BSI est réalisé via l’outil intégré sur Amelipro. Il structure l’évaluation autour de six domaines de soins de base : alimentation, système respiratoire et cardiovasculaire, hygiène, mobilité, élimination, traitement et douleur. Le niveau de dépendance constaté détermine automatiquement, via l’algorithme d’Amelipro, le forfait journalier applicable : BSA (dépendance légère), BSB (dépendance intermédiaire) ou BSC (dépendance lourde).

Forfait Niveau de dépendance Tarif métropole 2026 Items déterminants
BSA Dépendance légère 13,00 €/jour Aucun item HEM perturbé
BSB Dépendance intermédiaire 18,20 €/jour Un ou plusieurs items HEM perturbés (hygiène, élimination ou mobilité)
BSC Dépendance lourde 28,70 €/jour Plusieurs items HEM perturbés de façon importante

Un point essentiel : seuls les items liés à l’Hygiène, à l’Elimination et à la Mobilité (les items HEM) peuvent faire passer un forfait de BSA vers BSB ou BSC. Les autres domaines du BSI (alimentation, respiratoire, traitement…) influencent le plan de soins mais pas le niveau du forfait journalier.

Pourquoi le BSI est-il obligatoire avant de facturer un forfait de dépendance ?

Vous ne pouvez pas commencer à facturer un forfait journalier BSA, BSB ou BSC sans avoir préalablement réalisé un BSI initial et attendu sa clôture par l’Assurance Maladie. La clôture signifie que le BSI a été transmis à l’Assurance Maladie via Amelipro et validé. Toute facturation d’un forfait sans BSI clôturé génère un rejet CPAM systématique.

Cette obligation vaut également pour les renouvellements : à chaque renouvellement annuel, un nouveau BSI doit être réalisé et clôturé avant de reprendre la facturation des forfaits journaliers.

Les cinq étapes de rédaction d’un BSI optimal

Etape 1 : le recueil de données initiales

La première étape consiste à recueillir toutes les informations disponibles sur le patient : historique médical, traitements en cours, conditions de vie et contexte social. L’évaluation s’appuie sur les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson pour dresser un tableau complet de la situation du patient et identifier ses besoins perturbés.

Cette collecte doit être faite de façon rigoureuse, en impliquant le patient lui-même et, le cas échéant, ses aidants. Plus les données initiales sont précises, plus le BSI reflète fidèlement le niveau de dépendance réel du patient et plus le forfait retenu est justifié.

Etape 2 : l’évaluation des besoins perturbés et les diagnostics infirmiers

Sur Amelipro, vous trouvez des diagnostics préétablis couvrant les six domaines du BSI. Il est important de ne cocher que les diagnostics réellement pertinents pour le patient. Si aucun besoin n’est perturbé dans un domaine, il n’est pas nécessaire de poser un diagnostic dans cette rubrique. Cocher des diagnostics non justifiés pour tenter d’obtenir un forfait plus élevé expose à un contrôle CPAM.

Pour justifier l’existence d’un besoin perturbé, notamment dans les items HEM, utilisez les échelles d’évaluation validées : l’échelle de Norton pour le risque d’escarre, l’échelle MNA pour la dénutrition, l’échelle DOLOPLUS pour la douleur chez la personne âgée, ou l’échelle de Braden pour le risque de plaie de pression. Ces outils constituent une traçabilité solide en cas de vérification.

Etape 3 : la définition des objectifs de soins

Les objectifs ne sont pas obligatoires dans le remplissage du BSI sur Amelipro, mais ils font partie intégrante de la démarche de soins infirmiers. Ils doivent être définis en collaboration avec le patient, rédigés de façon mesurable et réaliste, et servir de base au suivi de l’évolution. Un objectif bien formulé aide à démontrer la pertinence du plan de soins en cas de contrôle.

Etape 4 : la planification et la cotation des soins

Le BSI permet de définir un plan de soins personnalisé avec les actions et interventions correspondant à chaque item. Une règle fondamentale : ne cochez dans le BSI que les actions que vous réalisez vous-même. Si les soins d’hygiène sont assurés par une auxiliaire de vie, ces actions ne doivent pas figurer dans votre BSI. Cocher des actes réalisés par un autre professionnel est une erreur qui peut conduire à un contrôle et à la notification d’un indu CPAM.

Etape 5 : le suivi et la réévaluation

Une fois le plan de soins en place, il est important de suivre régulièrement l’évolution de l’état du patient. Si la situation clinique se modifie de façon significative (amélioration ou aggravation de la dépendance), vous pouvez réaliser un BSI intermédiaire sans attendre le renouvellement annuel. Les conditions de ce BSI intermédiaire sont précisées ci-dessous.

La cotation du BSI initial : DI 2,5

Le premier BSI réalisé pour un patient se facture DI 2,5, soit 25,00 € en métropole. Ce DI 2,5 n’est facturable qu’une seule fois par patient au cours de sa vie : c’est la cotation de la toute première évaluation. Il ne peut en aucun cas être refacturé lors d’un renouvellement annuel ou d’un BSI intermédiaire.

La facturation du DI 2,5 n’est possible qu’une fois le BSI transmis et clôturé sur Amelipro. Toute tentative de facturer le DI 2,5 avant la clôture du BSI génère un rejet.

Le renouvellement annuel du BSI : DI 1,2

Le BSI doit être renouvelé chaque année. Ce renouvellement nécessite une nouvelle ordonnance médicale faisant référence à des soins infirmiers pour patient dépendant à domicile. La prescription du médecin n’a pas besoin de mentionner explicitement le BSI, mais elle doit clairement indiquer la nature des soins dispensés.

Le renouvellement annuel se facture DI 1,2. Il est important de bien distinguer les deux cotations :

Acte Cotation Montant Conditions de facturation
BSI initial (premier bilan) DI 2,5 25,00 € Facturable une seule fois par patient au cours de sa vie
Renouvellement annuel du BSI DI 1,2 12,00 € Facturable une fois par an, à chaque renouvellement annuel
BSI intermédiaire (si nécessaire) DI 1,2 12,00 € Maximum deux DI 1,2 facturables par an (renouvellement + éventuels intermédiaires)

Ainsi, sur une année, vous pouvez facturer au maximum deux DI 1,2 : un pour le renouvellement annuel obligatoire et un pour un éventuel BSI intermédiaire si l’état du patient le justifie. Il n’est jamais possible de refacturer un DI 2,5 après le bilan initial.

Le BSI intermédiaire : quand et comment le réaliser ?

A votre initiative, si la situation clinique du patient se modifie de façon significative avant l’échéance annuelle, vous pouvez réaliser un ou deux BSI intermédiaires dans l’année sans nécessité de nouvelle prescription médicale. Ce BSI intermédiaire permet de réévaluer le niveau de dépendance et d’ajuster le forfait journalier en conséquence (passage de BSA à BSB, ou de BSB à BSC par exemple).

Le BSI intermédiaire se cote DI 1,2, dans la limite de deux DI 1,2 facturables par an au total (renouvellement annuel compris).

Les cumuls d’actes autorisés avec les forfaits BSI

Un patient suivi en BSI peut nécessiter des actes techniques en plus de ses soins de dépendance. La NGAP autorise des cumuls selon des règles précises.

Situation Cotation applicable Règle de cumul
Acte technique lors d’un passage avec forfait BSI AMX (et non AMI) pour les actes techniques chez un patient dépendant AMX cumulable avec le forfait BSI le même jour
Indemnité de déplacement lors d’un passage BSI IFI (et non IFD) pour les forfaits dépendance IFI coefficient 1 pour le premier patient, coefficient 0,01 pour chaque patient supplémentaire au même domicile
Indemnité kilométrique avec BSI IK Facturable une seule fois par passage, quel que soit le nombre de patients vus (article 13 NGAP)
Majorations (MCI, nuit, dimanche) Selon les règles habituelles Cumulables avec les forfaits BSI dans les conditions habituelles de la NGAP

Un point souvent source d’erreur : chez un patient dépendant suivi en BSI, l’indemnité de déplacement à utiliser est l’IFI et non l’IFD. Utiliser l’IFD à la place de l’IFI est une erreur de cotation qui peut générer un rejet ou une notification d’indu lors d’un contrôle. Pour maîtriser l’ensemble des codes d’indemnités et majorations, reportez-vous à notre guide sur la cotation NGAP infirmier libéral 2026.

Les erreurs les plus fréquentes sur le BSI et leurs conséquences

Erreur fréquente Conséquence Correction à apporter
Facturer un forfait BSA/BSB/BSC avant clôture du BSI Rejet CPAM systématique Attendre la clôture du BSI sur Amelipro avant toute facturation de forfait
Utiliser DI 2,5 pour un renouvellement annuel Rejet ou indu CPAM Utiliser DI 1,2 pour tous les renouvellements et BSI intermédiaires
Cocher des actions réalisées par d’autres professionnels Risque de contrôle et notification d’indu Ne cocher que les actes réellement réalisés par l’IDEL
Utiliser IFD au lieu d’IFI pour les passages BSI Erreur de cotation, risque de rejet Utiliser IFI pour tous les déplacements liés aux forfaits de dépendance
Utiliser AMI au lieu d’AMX pour les actes techniques chez un patient BSI Erreur de cotation, cumul non autorisé Utiliser AMX pour les actes techniques chez les patients pris en charge en dépendance
Ne pas renouveler le BSI après 12 mois Les forfaits journaliers ne sont plus facturables sans nouveau BSI clôturé Anticiper le renouvellement annuel, idéalement 15 jours avant l’échéance

Ces erreurs représentent ensemble une partie significative des rejets CPAM pour infirmier libéral. Une gestion rigoureuse du BSI est donc directement liée à la stabilité de votre trésorerie mensuelle.

BSI et délégation de la facturation : ce que gère Azurparafac

La gestion du BSI est l’un des points les plus techniques de la facturation IDEL. Entre la vérification de la clôture sur Amelipro avant facturation, le suivi des renouvellements annuels, le choix entre AMI et AMX, et l’utilisation correcte de l’IFI, les risques d’erreur sont nombreux et les conséquences financières parfois importantes.

Chez Azurparafac, toutes les facturières ont exercé comme infirmières libérales. Elles connaissent le BSI pour l’avoir rédigé et géré pendant des années sur le terrain. Chaque dossier patient est suivi avec les cotations exactes, les bons codes et les bons moments de facturation. Les renouvellements sont anticipés pour ne jamais interrompre la facturation d’un forfait journalier par oubli d’échéance. Pour comprendre l’ensemble de ce que couvre notre service, consultez notre article sur ce qu’est une agence de facturation pour infirmier libéral.

Si vous souhaitez déléguer la gestion de votre facturation BSI et de l’ensemble de votre administratif, découvrez comment fonctionne la prise en charge dans notre guide sur externaliser sa facturation infirmier libéral en 2026.

Questions fréquentes

Combien de fois peut-on facturer le DI 2,5 pour un même patient ?

Une seule fois, au cours de l’ensemble de la vie du patient. Le DI 2,5 correspond au premier BSI initial. Tous les renouvellements annuels et BSI intermédiaires suivants se facturent en DI 1,2. Refacturer un DI 2,5 pour un patient qui a déjà eu un BSI initial génère un rejet CPAM.

Combien de DI 1,2 peut-on facturer par an ?

Deux au maximum par an : un pour le renouvellement annuel obligatoire, et un pour un BSI intermédiaire si l’état du patient le justifie. A votre initiative, vous pouvez réaliser jusqu’à deux BSI intermédiaires par an, mais le total des DI 1,2 facturables reste plafonné à deux.

Faut-il une ordonnance pour réaliser un BSI intermédiaire ?

Non. Les BSI intermédiaires peuvent être réalisés à votre initiative, sans nouvelle prescription médicale, si la situation clinique du patient le justifie. En revanche, le renouvellement annuel du BSI nécessite une nouvelle ordonnance médicale faisant référence à des soins infirmiers pour patient dépendant à domicile.

Quelle est la différence entre AMI et AMX pour un patient en BSI ?

L’AMI est utilisé pour les actes techniques chez les patients dont les soins ne relèvent pas d’une prise en charge dépendance. L’AMX est utilisé pour les actes techniques chez les patients dépendants pris en charge dans le cadre du BSI. Utiliser AMI à la place d’AMX pour un patient suivi en forfait journalier est une erreur de cotation qui peut générer un rejet ou un indu lors d’un contrôle.

Le BSI peut-il être réalisé par un remplaçant ?

Oui. Un remplaçant peut réaliser et transmettre un BSI au cours de son remplacement. La facturation se fait alors au nom du titulaire, selon les règles habituelles de rétrocession. Si votre facturation est gérée par Azurparafac, les actes du remplaçant sont intégrés et cotés correctement dans le cadre du service, sans démarche supplémentaire de votre part. Pour en savoir plus sur la gestion des remplaçants, consultez notre article sur le prix d’une agence de facturation pour infirmier libéral.

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